Nouveau sport olympique répertorié à Pékin : l’emprisonnement des blogueurs de toute nationalité
La semaine dernière nous apprenions et relations l’arrestation et la libération de Zola, Zhou Shuguang, blogueur chinois.
Le 19 août, la course contre la libre expression sur Internet est passée à un niveau plus élevé; puisque désormais la chasse aux blogueurs s’est internationalisée. Une nouvelle discipline olympique est née!
Ainsi Brian Conley, 28 ans, créateur du vidéo-blog Alive in Baghdad et du blog Small World News, et son ami, Jeffrey Rae, 28 ans, sont derrière les barreaux depuis ce jour.
Leur crime est d’avoir voulu filmer et diffuser sur Internet les différentes actions organisées par Students for a free Tibet depuis deux semaines à Pékin: les manifestants ont notamment déployé une bannière près du siège de la télévision chinoise CCTV, agité des drapeaux tibétains dans des endroits symboliques (voir les vidéos)… Ces deux “journalistes citoyens”, qui ont déjà foulé par le passé des sols peu avenants en termes de respect des droits de l’Homme (Irak, Afghanistan, etc.), se sont en effet rendus à Pékin pour soutenir et promouvoir les droits de l’Homme, la liberté d’expression et la liberté du peuple Tibétain.
Brian et Jeffrey ne sont pas les seuls à subir ce traitement. Plusieurs autres activistes blogueurs (Jeff Goldin, Michael Liss, Tom Grant…) américains et allemands manquent à l’appel et, bien que sans nouvelles de certains d’entre eux, il est hautement probable qu’ils soient retenus dans une geôle chinoise et sous le coup d’une condamnation administrative de dix jours de rétention pour trouble à l’ordre public. Mais l’Empire du milieu est aussi celui du silence, car aucun communiqué officiel n’a soulagé l’inquiétude de leurs familles.
La femme de Brian Conley, Eowyn Rieke, enceinte de 31 semaines, après de longues heures d’angoisse sur le sort de Brian, n’a reçu qu’un succinct SMS de son mari : “En prison tout va bien”. Le père de Jeffrey Rae disait hier qu’il n’avait, lui, reçu aucune nouvelles de son fils depuis mardi et qu’il avait été informé de son arrestation par l’ONG pro-tibétaine.
De timides remontrances de la part autorités américaines ont appelé la Chine à respecter “le droit fondamental et universellement reconnu à exprimer pacifiquement ses opinions.” Le Speaker de la Chambre des députés, Nancy Pelosi, a été plus ferme dans ses propos, accusant la Chine d’utiliser les Jeux Olympiques pour sévir contre des activistes pacifistes pour les droits de l’Homme, de censurer les journalistes étrangers et chinois et de déplacer les citoyens Chinois.
Comme le rappelait Jeffrey Rae il y a peu : “Pour moi cela ne concerne pas seulement le Tibet mais concerne un mouvement plus vaste de libération et d’auto-détermination de tous les peuples oppressés à travers le monde.” La première des libertés est de pouvoir exprimer librement et pacifiquement ses opinions, une liberté que décidément les autorités chinoises n’acceptent, ni pour leurs citoyens, ni pour les ressortissants étrangers.
Julie Gobert et Archippe Yepmou


















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