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Zola, blogueur assigné à résidence

15 August 2008 477 views No CommentPrint This Post Print This Post Email This Post Email This Post

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Zhou Shuguang, alias Zola, est l’un des plus célèbres blogueurs de Chine. Alors qu’il était venu passer quelques jours chez ses parents, il a été arrêté et ramené dans son village. Bref, Zola est assigné à résidence. Voici son récit.

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Zola, en novembre dernier à Pékin (Photo CC-shizhao-Flickr)
14 août 2008, ce jour-là, sur le calendrier lunaire, c’est la fête du fantôme pour les chinois. Avant de manger le repas du soir, on doit offrir un sacrifice aux ancêtres, parfois aussi on fait des offrandes aux démons et aux dieux au coin de la rue. Donc, je suis rentré dans mon village de Fengmuqiao, à 40 kilomètres de Meitanba, pour passer la fête du fantôme avec mes parents. Je suis arrivé à Fengqiao en bus vers 10h du matin.
J’étais à peine arrivé chez moi que deux jeunes sont arrivés pour demander un renseignement : ils cherchaient une personne qui n’avait pas respecté la politique de contrôle des naissances, ils nous ont demandé si on connaissait le nom de cette personne. On leur a répondu qu’on n’en avait jamais entendu parler et on leur a conseillé de demander à quelqu’un d’autre. Mais ils sont revenus 10 minutes plus tard. Cette fois, ils ont dit qu’ils cherchaient le responsable qui, dans le village, s’occupe du contrôle des naissances chez les femmes, pour examiner son travail. Je leur ai conseillé d’aller demander au chef du village. Après, je suis allé au marché en moto pour acheter des bières et des boissons au marché en moto. De retour à la maison, j’ai trouvé ma mère en train de discuter avec un homme et une femme, elle leur racontait ma vie en en rajoutant un peu, de mon enfance à l’histoire de la maison clou de Chongqing. Ma mère m’a dit que la femme était une lointaine parente et qu’elle était juste passée ici pour nous voir. Quand ils sont partis, ma mère m’a dit qu’en fait elle ne connaissait pas ces gens, que c’était des gens du gouvernement. Donc, j’ai écrit sur Twitter avec mon portable :

« Je ne fais pas Internet aujourd’hui, je suis rentré à Fengqiao pour voir ma mère, et quatre personnes du gouvernement sont venues les unes après les autres. Deux personnes cherchaient quelqu’un qui contrevient au contrôle des naissances, deux autres sont venues au nom d’un parent lointain , et ont bavardé en prenant le thé. »

Après les offrandes aux dieux et le repas, on a fait la sieste. Vers 15h, j’ai été réveillé par un bruit. Il y avait quatre personnes à la porte, dont les deux personnes qui étaient passées le matin pour le contrôle des naissances. Ils n’ont pas montré leurs cartes, ils ont dit qu’ils appartenaient à la sécurité d’un groupe de la minière de Changsha à Meitanba et qu’ils me cherchaient pour me renvoyer à Meitanba, j’ai écrit dans le Twitter:

« Le chef Liu, de la sécurité d’un groupe de la minière de Changsha à Meitanba, a amené trois personnes pour me renvoyer à Meitanba. Mes parents sont effrayés. »

Je leur demande de me signer un papier avant de me renvoyer, ils ont refusé. Alors j’ai dit à mes parents de noter le numéro de leur voiture « Xiang A94360 », pour garder une trace de cet incident, et je suis retourné à Meitanba dans leur voiture. Pendant tout le processus, j’ai toujours enregistré l’endroit où j’étais sur twitter.com avec mon portable, beaucoup d’amis s’intéressent à moi, je leur avais dit que le gouvernement me surveillait. Quand les gens du gouvernement ont découvert que j’avais quitté Meitanba, ils m’ont suivi. Ensuite, la police a demandé aux autorités de Fengqiao et au groupe de la minière de Changsha de me renvoyer à Meitanba. Je ne suis un employé de cette entreprise. Mon père y a travaillé avant, mais il est retraité depuis 13ans. Mais le chef de la sécurité a dit que mon état-civil relevait de leur compétence, sinon ils n’auraient pas pu faire ce genre de chose.
Avant des JO, un groupe de sécurité de Ningxiang et un groupe de la minière de Changsha m’avaient déjà demandé ne pas aller à Pékin pendant des JO, jusqu’à avant fin septembre. Je leur avais demandé pourquoi, mais ils n’avaient pas répondu, conformément à la loi.
Maintenant, mis à part que j’ai été forcé de retourner à Meitanba, je suis liberté. Mais, j’aimerais bien que des journalistes étrangers viennent me chercher pour m’emmener à Pékin. Alors, les autorités ne pourraient pas m’empêcher d’y aller. En tout cas, elles seraient désorientées.

Retrouvez les autres chroniques de Zola, cliquez ici

Qui est Zola? Lisez son portrait ici.


Vendredi 15 Août 2008 - 11:40
Zola

marianne2

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