Le dirigeant d’un journal en ligne tué par la police russe
Magomed Yevloyev, fondateur et dirigeant du site ingushetiya.ru a été tué dimanche soir, par la police Ingouche.
L’Ingouchie est une république caucasienne indépendante appartenant à la Fédération de Russie.
Coincée entre la Tchétchénie, la Géorgie et l’Ossétie, l’Ingouchie est l’une des régions les plus pauvres de Russie. Les réfugiés Ossètes et Tchétchènes y représentent 50% de la population et les milices des régions voisines s’en servent de base arrière. Pour le gouvernement local comme pour Moscou, le maintien de l’ordre passe avant toute idée de liberté.
L’ensemble des enjeux financiers liés aux potentiels énergétiques de cette région du monde en font un endroit à “tenir” de très près à Moscou.
C’est la première fois qu’un responsable de média indépendant en ligne meurt de la sorte en Russie.
Ce genre de situations était, jusqu’à hier, réservé aux journalistes des médias traditionnels.
Le traumatisme vécu après la mort d’Anna Politkovskaya n’aura pas suffît et c’est maintenant un responsable de l’information indépendante sur Internet qui s’en va, une balle dans la tête.
Dans la plus pure tradition soviétique, Yevloyev a été arrêté et tué immédiatement, dans la voiture de police.
La balle logée dans sa tempe serait, d’après les autorités ingouches, un “accident”.
L’avocat de Yevloyev lance un appel.
Il est prêt à démontrer que son client a été purement et simplement assassiné.
Il souhaite que les médias et les institutions européennes se saisissent vite de ce cas pour que la vérité éclate.
Les journalistes d’Ingushetya.ru avaient témoigné, en janvier dernier, du trucage des élections locales.
Le président Ingouche avait alors déjà plusieurs fois essayé de fermer le site, allant même jusqu’à en créer une copie pro-gouvernementale, Ingushetiya.net.
Internet sans frontières souhaite tout particulièrement rendre hommage à Magomed Yevloyev.
Internet sans frontières s’inquiète très vivement des circonstances de la mort de Magomed Yevloyev aux portes de l’Union européenne.
Internet Sans Frontières soutient également le projet Vostok2.0, une exploration des médias et des libertés en Russie et dans l’espace postsoviétique.
Par Gilles Misrahi et Nicolas Kayser-Bril.

















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