Un blogueur Iranien accusé d’espionnage pour Israël est arrêté à Téhéran
Depuis exactement 19 jours, le profil Facebook de Hossein Derakhshan, mon ami virtuel et réel, est inactif. Avait-il ce jour-là - le 30 octobre 2008 - quelque prémonition sur son arrestation imminente? Son dernier acte sur le célèbre réseau social fut de rejoindre le groupe “road to jerusalem“. Ce lieu numérique de partage constituait le témoignage du journaliste canadien Mark MacKinon sur une enquête menée à travers le dédale des territoires occupés. Le but de MacKinnon était de recueillir le sentiment des populations locales sur la prochaine élection américaine. Il s’avère pourtant que les voyages en Israël, lorsqu’on est un journaliste Irano-Canadien puissent tourner au cauchemar, si on s’avise par la suite de remettre les pieds en Iran.
No news donc, de cette figure majeure du web Iranien depuis une quinzaine de jours. Je me souviens de ce jeune homme, d’une gentillesse et d’une politesse immenses, de ce polyglotte, ce globe-trotter acharné, ami des hommes et de la paix. Je fis sa connaissance il y a quelques mois au moment du sommet sur les médias citoyens de Global Voices à Budapest. De passage à Paris au mois de septembre, il me confiait alors sa crainte de retourner dans son pays, à la question que je lui posais alors sur les risques qu’il encourrait, il me répondit simplement: “c’est mon pays, je dois m y rendre”.
Il devait poster quelques jours plus tard sur sa page You Tube des réponses aux questions des lecteurs de son blog qui estimaient, comme moi, qu’il y avait quelque chose de suicidaire dans son retour en Iran: “il n’avait rien à se reprocher”. Hossein a quelque chose qu’on rencontre parfois chez certaines âmes terribles d’orient: une certaine conviction, parfois inquiétante, de voir juste et d’aller au bout de ses vues.
De nationalité Canadienne et Iranienne, il n’avait pas remis les pieds en Iran depuis 2005. Déjà, au cours de ce voyage, qu’il programma afin couvrir les élections, la police Iranienne l’interrogea et le garda à vue pendant 48 heures, toujours autour d’une supposée collusion avec l’ennemi Israélien.
L’arrestation d’Hossein est le stigmate de la dérive totalitaire d’un régime à l’agonie. Voici une des plus brillantes intelligences de son pays, un homme passionné par la paix entre les peuples, qui ne veut pas entendre, et avec un bon nombre d’Iraniens, pourquoi deux nations, deux antiques soeurs, doivent se haïr. Voici un homme qui refuse d’accepter la fatalité de voir la terre de ses ancêtres foulée par les démons de l’obscurantisme, du désespoir et de l’ironie.
M. Derankhshan est par ailleurs, fier de son pays. Une certaine controverse a dailleurs surgi dans son sillage il y a quelque temps: il est partisan du nucléaire militaire Iranien comme moyen d’équilibrage des forces. Invité sur la chaîne CBS en 2006 il y défendit le droit de l’Iran de posséder l’arme nucléaire, au regard de son rang en tant que “civilisation historique”. Si les mains et l’autorité politique qui souhaitent cette arme sont illégitimes, il se pouvait que cette volonté coïncida avec l’intérêt historique de l’Iran en tant que peuple et nation pluriséculaires. Autant dire qu’il ne se fit pas que des amis au moment de cette prise de position.
Certains ont du mal à comprendre qu’on peut aimer son pays et vouloir que celui-ci devienne une puissance régionale sans par ailleurs accepter le régime politique qui y est institué. Cette position est aussi celle d’un homme conscient de son histoire, de la place et du rôle que joua la civilisation persane: au cours d’une conversation, il devait me citer les lettres persanes de Montesquieu ou le Zarathoustra de Nietzsche pour arguer en bravade, notre dû intellectuel au pays des Aryas…
Les méthodes du tyran sont connues: Hossein est accusé d’avoir été rétribué par Israël pour se rendre à l’étranger afin de critiquer le régime. Quoi de plus absurde, et la réthorique et le réflexe autoritaires étonnent finalement par leur sournoise naïveté. Hossein était avant tout un brillant étudiant, qui a vécu par ses bourses d’études, par ses articles mgistraux en Farsi et en Anglais qu’il commettait en de différents points de la toile, par ses talents d’analyste des médias au moyen orient. Un pionnier et un visionnaire des médias citoyens. Il est même surnommé “le parrain de la blogosphère Iranienne”.
La charge principale, qui pèse sur Hossein est finalement sa présence physique sur le territoire d’Israël en janvier 2006. En général, les espions n’ont pas pignon sur rue. Ils ne racontent pas leurs pérégrinations à coup de billets comme celui-ci sur la toile.
Avait-il le droit de se rendre à l’époque sur le territoire Israélien? bien sûr que oui. Selon le droit Israélien, devenu citoyen canadien par mariage, il n’avait pas besoin d’être agent du Mossad pour s y rendre. Etait-il conscient des risques qu’il encourrait si jamais il devait retourner, après ce voyage, en Iran? Evidemment. Alors pourquoi? Parce que Hossein Derakhshan est un citoyen du monde et un ambassadeur de la paix:
“Dans l’histoire, les perses et les juifs ont souvent vécu en paix et se sont entraidés au sein d’une grande alliance. Mais maintenant, pour certaines raisons, ils sont montrés comme ennemis”
(…)
“En tant que militant de la paix, je vais montrer aux Israéliens que la grande majorité des Iraniens ne se reconnaissent pas dans le discours d’Ahmadinejad, qu’il ne s’agit ici que de la perception qu’en a l’extérieur”.
Il devait commencer cette note fameuse par ces mots chargés de conscience de son destin:
“Cela - mon voyage en Israël - pourrait signifier que je ne serai pas en mesure de retourner en Iran pour un bout de temps; l’Iran ne reconnaît pas Israël, n’a pas de relations diplomatiques avec elle, et considère, semble-t-il que ce voyage est illégal. Dommage et trop tard. Heureusement, je suis un citoyen du Canada et j’ai le droit de visiter un pays que je veux.
Je vais à Israël en tant que citoyen journaliste et un activiste de la paix.”
Il me semble, comme c’est le cas je crois pour la majorité de la communauté internationale des journalistes citoyens, des blogueurs pour la paix, qu’Hossein Derakshan se rendait en Iran pour témoigner de la possibilité d’un autre Iran. Il n’a pas été entendu. Est en ce moment dans une géôle, un cachot, un enclos sordide de Téhéran, sa ville. M. le président de la république Islamique d’Iran: LIBEREZ HOSSEIN Derakhshan.












un article qui defend une noble cause, mais malheureusement qui manque d’objectivité lorsqu’il tague le régime Iranien et son président qui, à rappeler, a été élu démocratiquement par le peuple Iranien, par “Totalitaire” et “régime à l’agonie”, pour la simple reason peut etre que ce dernier defend les interets de son peuple et non celles de l’occident !!
à rappeler que lorsque le roi dictator Chah gouvernait l’Iran avant 1979, on l’appelait l’ami et l’allié de l’occident..quelle ironie !
[...] il suo ritorno, vivo. Mi sono ritrovato cosí a navigare tra gruppi di facebook, petizioni on-line, discussioni accese nella rispettiva voce di wikipedia. Un universo che ti lascia con un sacco di [...]
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