La République des îles Fidji est un État insulaire situé dans le Pacifique-Sud au nord de la Nouvelle-Zélande. Les Fidji forment un archipel de 844 îles, îlots et atolls, dont une centaine seulement sont habités.
Au début de ce mois, une cour constitutionnelle déclarait illégale la prise de pouvoir par les militaires de cet archipel du pacifique. Depuis, devant la censure dont sont victimes les médias traditionnels, quelques citoyens des îles Fidji vont sur la toile pour s’exprimer et donner au monde des nouvelles sur leur pays.
Les Fidjiens se tournent de plus en plus vers les blogs pour contourner la censure des médias traditionnels que le gouvernement militaire continue d’imposer par ses restrictions sur les journaux, les radios et la télévision. Les militants pour la démocratie dans les pays du pacifique sud poussent ainsi les blogueurs à combler le vide informationnel.
L’armée fidjienne et le gouvernement considèrent que les blogueurs dits démocrates et le plus souvent anonymes, sont une «menace pour la sécurité nationale.”
Ainsi des tentatives ont eu lieu pour limiter l’accès aux cafés Internet. Nouvelles organisations ont reçu l’ordre de ne publier que des histoires “constructives” au sujet de l’administration.
Alors que les grands médias sont confrontés à une brutale censure ainsi qu’à des restrictions, des forums en ligne ont tenté de fournir d’autres informations et des commentaires sur la situation politique de Fidji.
Internet joue un rôle essentiel
Selon Peter Waqavonovono qui dirige Young People’s Concerned Networks, une organisation qui promeut la démocratie à Fidji, Internet serait un maillon essentiel:
“C’est regrettable de le dire mais les blogs sont devenus l’un des rares moyens d’obtenir des informations des Fidji, que celles-ci soient crédibles ou non. Ceci signale également le fait que les gens sont avides d’information. De toute évidence, les blogs - et Internet - sont devenus un mode d’information très recherché.”
Environ 10 pour cent des Fidjiens utilisent Internet. Après l’annonce de mesures visant à limiter les médias, le chef des forces armées, le Contre-amiral Bainimarama, dirigeant du coup d’état militaire fidjien de 2006 et actuel Premier ministre de l’archipel, a déclaré que la liberté d’expression “causait du tort“.
Ses troupes ont pris le pouvoir lors d’un coup d’Etat sans effusion de sang en 2006. La plus haute cour du pays avait statué sur l’inconstitutionnalité de ce coup de force au début du mois d’Avril. Le président Fidjien avait déclaré lettre morte la constitution après cette décision et mît à l’index l’appareil judiciaire, avant de rétablir le gouvernement militaire.
Les militaires se sont prononcés pour un retour du pays à la démocratie lorsque le “système politique malhonnête” aura été réformé.
Les principaux reproches de M. Bainimarama au gouvernement élu et démis sont sa corruption ainsi que la poursuite de politiques racistes contre la minorité ethnique indienne à laquelle il appartient.
Archippe Yepmou