J'étais invité ce matin par le Ministre de la Jeunesse à participer à une réunion de travail avec divers associations pour discuter des réponses à apporter au phénomène des "apéros géants". Je m'y suis rendu en ma qualité de président d'
Internet sans Frontières; et je remercie les services du ministère de m'y avoir invité.
Quatorze organisations étaient autour de la table : ANEMF, ANIMAFAC, Croix Blanche, Croix Rouge, FAGE, Internet sans Frontières, LMDE, la Protection civile, Raid aventure, Solidays, l'UCPA, Unis-cité, USEM et Voiture & Co. Etaient également présents des représentants du Ministère de l'Intérieur, de la Santé et de l'Economie numérique.
Dans un court propos introductif, Marc Philippe Daubresse, le ministre de la jeunesse a rappelé que "Facebook n'était pas responsable de tout ça" et qu'il n'était évidemment pas question pour lui d'interdire aux jeunes d'utiliser les réseaux sociaux. Je l'ai remercié pour avoir rappelé ces points qui me paraissaient évidemment être un préalable à la discussion. J'avais été choqué de voir à quel point Internet et les réseaux sociaux avaient été stigmatisés depuis le fameux drame de Nantes où un jeune avait perdu la vie.
Les responsables d'association ont tous pris la parole les uns après les autres et j'ai trouvé pour ma part que beaucoup de choses très pertinentes avaient été dites par ces derniers. Tout le monde a tenu à faire la part des choses et notamment à rappeler que l'usage par les jeunes d'Internet n'était pas le problème à régler mais que nous étions plutôt confrontés à un mal-aise de la jeunesse (mais aussi des moins jeunes) et qu'il y avait là un vrai problème de société.
Pour ma part, j'ai insisté sur le fait que les réseaux sociaux avaient plutôt un impact positif dans notre société, qu'ils permettaient de créer un formidable lien social entre ses utilisateurs et j'ai suggéré aux représentants des différents ministères de s'y intéresser dans une démarche d'accompagnement contributif, c'est à dire en étant eux-aussi présents sur les réseaux et de contribuer à leur animation en proposant des contributions informatives. J'ai également suggéré qu'on arrête de parler des "apéros Facebook" afin de déconnecter la dimension Internet de ces manifestations.
Enfin, j'ai exprimé mes regrets sur la gestion de cette crise par le gouvernement, en disant que les ministres concernés avaient "cassé l'ambiance" en tentant d'intervenir pour réglementer et interdir. J'ai poursuivi en affirmant que ces apéros allaient probablement disparaître au profit d'une nouvelle forme de mobilisation que nous ignorons pour le moment.
Voilà, je suis sorti de cette réunion avec la satisfaction d'avoir exprimé mes idées et le sentiment d'avoir été entendu. J'étais le seul représentant d'une association défendant la liberté des internautes. Une conseillère du ministre m'a indiqué qu' Internet sans Frontières ferait partie du groupe de travail que le ministre entend mettre en place sur le sujet de "l'image des jeunes dans la société".
C'est donc un sujet à suivre et je vous en reparlerai.