Facebook Analyse Nos Statuts Privés Et Nos Sentiments PolitiquesLa société Facebook a annoncé le 12 janvier dernier un partenariat avec le site américain d'information et d'analyses politiques politico.com. L'accès pour analyse des sentiments puisés du matériau édité par les utilisateurs de Facebook n'est pas sans poser de sérieuses inquiétudes. Surtout si ce contenu comprend les messages de statuts et commentaires privés des citoyens.
Le partenariat signé entre Facebook et Politico consiste notamment dans l'analyse des sentiments traités et obtenus à l'issue de la collecte des mises à jour effectuées par les utilisateurs du réseau, relatifs à leurs opinions politiques qui concernent la prochaine élection présidentielle américaine. Si la capture des opinions que les citoyens laissent transparaître sur le réseau facebook et leur structuration intelligente n'est pas mauvaise en soi, leur recueil sans leur consentement explicite constitue une violation manifeste de leur droit à la protection de leurs données personnelles et une exploitation déloyale de celles-ci.
La firme Policito, basée à Arlington en Virginie espère utiliser la richesse des données des utilisateurs Facebook pour mesurer et qualifier les opinions politiques des américains présents sur la plateforme. La première analyse publiée par le site et enrichie par ce partenariat d'analyse sémantique est disponible ici. Craintes quant au non respect du secret de la correspondance Les utilisateurs de Facebook qui ne souhaitent pas que leurs messages soient publics ont désormais l'option de choisir que ceux-ci demeurent privés. Ils sont invités à le faire pour chaque message posté. De même, lorsqu'ils commentent un message qui est privé, les conditions d'utilisation actuelles de Facebook leur garantissent que leur commentaire également le sera. Cette volonté explicite des utilisateurs signifie donc que leurs messages privés relèvent de la correspondance privée. Vous dites toujours les choses de manière un peu différente qu'en public, lorsque vous avez l'impression de vous adresser à des personnes de confiance. Et surtout l'orsque votre propos est de nature politique. Les deux entreprises, pour parrer l'argument de violation manifeste de la vie privée ont précisé qu'aucun traitement humain n'est opéré directement par les employés de chaque partie sur les données collectées et analysées. Qu'au contraire, les données des utilisateur seraient traitées par un "outil d'analyse de sentiment." Il faut aussi préciser que le site Politico aura également accès aux informations démographiques et géographiques des utilisateurs. Ceci y change-t-il vraiment quelque chose? Quels sont les risques encourus pour la démocratie si ces pratiques se généralisaient et qu'on avait demain Facebook ou tout autre réseau de correspondance électronique privée qui mettaient à disposition d'un parti politique ou d'une personne politique ces données, en s'assurant "qu'aucun humain n'interfère" ? le résultat serait peut-être une atteinte manifeste au jeu démocratique et à la pluralité. L'interception des communications privées, quels qu'en soient les motifs ou la mise en oeuvre s'effectuent toujours au préjudice de ceux qui les émettent. Le droit au respect du secret de la correspondance est un socle de la démocratie. Toute atteinte disproportionnée à ce droit qui a participé aux fondements des États de droit modernes ne pourrait qu'aboutir à la remise en cause du pluralisme des idées et opinions et de la liberté de pensée de chaque individu, fondements de la démocratie. Internet Sans Frontières a récemment porté plainte devant la CNIL contre Facebook pour utilisation déloyale des données personnelles. Nous sommes vraisemblablement devant un cas, parmi d'autres, d'exploitation déloyale et en droit européen, et français, illégal des données personnelles. Archippe Yepmou Le compte d'Archippe Yepmou sur Twitter: @archyppe Lundi 16 Janvier 2012
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