Internet Sans Frontières soutient la demande d’appel de Liu Xiabo
L’intellectuel Liu Xiaobo, célèbre défenseur de la liberté d’expression et auteur d’un texte réclamant la démocratisation de la Chine, a fait appel de sa condamnation à 11 ans de prison pour subversion, a déclaré hier l’un de ses avocats.
Agé de 53 ans, cet écrivain, ancien professeur d’université déjà emprisonné après la répression de juin 1989, avait comparu fin décembre deux heures et demie durant pour «subversion du pouvoir de l’Etat» après avoir été l’un des auteurs de la «Charte 08», un texte réclamant une Chine démocratique. Lancée le 8 décembre, veille du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Charte 08 a été élaborée sur le modèle de celle diffusée en 1977 par des dissidents tchécoslovaques, avec la signature de plus de trois cents intellectuels et militants des droits de l’homme . Elle compte aujourd’hui plus de dix mille signatures.
Après l’annonce de la condamnation, les Etats-Unis s’étaient déclarés «très inquiets». «Nous appelons de nouveau le gouvernement chinois à le libérer immédiatement», avait déclaré Gregory May, un responsable de l’ambassade américaine aux journalistes à l’extérieur du tribunal de Pékin, où avait été jugé le dissident.
La veille du procès, la Chine avait de son côté dénoncé les «ingérences grossières» de certains pays étrangers après le procès de Liu, demandant le respect de la «souveraineté judiciaire chinoise».
Le tribunal de Pekin l’a reconnu coupable de « subversion du pouvoir de l’État » pour avoir co-signé la Charte 08, un manifeste en 19 points réclamant une Chine démocratique, avec notamment la liberté d’expression, des élections démocratiques, le respect des individus et la fin des accusations pour « subversion ».
Lui sont aussi reprochés ses articles sur le net. L’écrivain avait déjà été arrêté et mis en prison en 1989 lors du mouvement démocratique de Tiananmen. Son avocat Maître Shang Baojun a indiqué que « Liu Xiaobo a interjeté appel directement auprès du tribunal le 29 décembre » cela dit « il est conscient qu’il n’y a pas beaucoup d’espoir que le verdict soit révisé ».
De nombreux états, écrivains, intellectuels et organisations des droits de l’homme de part le monde se sont élevés contre cette condamnation trop sévère.
Internet Sans Frontières soutient la démarche de Liu Xiabo qui par son action réclame et œuvre pour plus de liberté d’expression dans son pays, et participe de manière citoyenne à la réflexion sur l’avenir de son pays.
Dans cette affaire, on voit très bien la faiblesse des états à faire pression sur la Chine. Les raisons économiques l’emportent de façon systématique depuis plus de vingt ans et les cris d’orfraies poussés ici et là par des seconds couteaux de la politique internationale, ne sauraient nous leurrer.
C’est la raison pour laquelle, nous pensons nécessaire que des représentants de la société civile dans tous les pays concernés, s’emparent du débat. En Iran, la pression de la rue est là pour nous rappeler que c’est encore la seule voie possible pour imposer la démocratie à des Etats corrompus ou oppresseurs. Les choses doivent venir de l’intérieur. Nous pouvons contribuer à cela en utilisant l’outil fabuleux que représente l’Internet qui s’avère être un contre-pouvoir efficace partout où il est bien utilisé.
Nous pouvons aider la démocratie en formant des ONG sur place afin que celles-ci apprennent à contourner la censure. Pour que dans chaque village, dans chaque hameau, la liberté d’expression se développe et qu’elle s’impose pacifiquement. L’Internet est un formidable outil de diffusion qui démultiplie l’information en dépassant les distances. Le message fort serait que le pouvoir chinois comprenne que même s’il retienne Liu Xiaobo en prison, ses soutiens seront de plus en plus nombreux et la pression de plus en plus forte pour le libérer et qu’une brèche s’entrouvrira tôt ou tard pour laisser passer plus de démocratie.
C’est ce à quoi Internet Sans Frontières s’emploie. En combattant la fracture numérique dans les pays émergeants ou les pays qui nient le droit individuel d’expression, nous combattons efficacement toute aliénation de citoyen dans le monde à qui on confisque le droit à s’exprimer librement.