Pendant qu’en France on s’échine à vouloir contrôler le Net (Hadopi, Loppsi et, incessamment sous peu,
ACTA ) l’Islande, elle, prend le contrepied de la plupart des démocraties occidentales: L’Althing, le parlement islandais (et accessoirement le plus vieux parlement au monde) planche depuis mardi sur une proposition de loi visant à faire de l’île un paradis… pour la liberté d’expression.
Cette initiative, poussée par l’association
Icelandic Modern Media Initiative (IMMI), qui lui a donné son nom, vise à renforcer la protection des sources, protéger les différents intermédiaires techniques intervenant dans le processus informationnel (FAI, serveurs de données…) ou encore à mettre en place une charte sur la liberté d’information.
Un tel projet représente une formidable opportunité pour relancer le journalisme d’investigation (voir également l’initiative du
Huffington Post sur le sujet ) et permettrait du même coup de contourner la pratique dite du «
tourisme de la diffamation », véritable obstacle à la liberté d’expression.
C’est également l’opportunité pour le pays, frappé de plein fouet par la crise économique, de redessiner les contours d’un nouveau modèle économique original.
Reste qu’en tant que postulante à l’Union Européenne, l’Islande risque de se retrouver dans une posture délicate vis-à-vis de Bruxelles, actuellement en pleine négociations sur le traité ACTA.
La
Quadrature du Net et
Wikileaks (déjà poursuivi pour la publication de documents officiels, et l’un des principaux instigateurs de la proposition de loi) ont déjà annoncé leur soutien au projet de loi.
Internet Sans Frontières apporte naturellement sa voix à cette initiative qui, si elle se concrétise, représenterait une avancée historique sans précédent pour tous les défenseurs de la liberté d’expression.