L'auto-hébergement, une solution d'avenir ?






Avec le développement des applications webs et des réseaux sociaux, la question de la maîtrise de ses données est devenu centrale. Données personnelles ou œuvres de l'esprit, il s'agit d'une matière première exploitée par les services en lignes « dits gratuits ». De nombreux acteurs de l'internet libre nous montre une voix pour reprendre le contrôle sur nos données : l'auto-hébergement.

L'auto-hébergement, une solution d'avenir ?

L'auto-hébergement, c'est quoi ce concept de geek ?

L'auto-hébergement est l'action d'héberger soit même les services web que nous utilisons quotidiennement. Plutôt que d'utiliser des services « gratuits » qui se nourrissent de nos données personnelles et productions comme Gmail, facebook, les recherches google, google reader ou picasa, pour ne citer qu'eux, l'auto-hébergement permet à l'internaute de disposer de son propre serveur chez lui. Actuellement, même s'il n'est pas nécessaire de disposer de connaissances spécifiques, l'accès reste difficile pour les non-bidouilleurs. C'est là où interviennent deux projets à suivre avec grand intérêt : beedbox et freedombox.


Beedbox, un projet dynamique et ambitieux

Beedbox est un projet francophone qui vise à redonner aux utilisateurs le contrôle sur leurs données. Né de la fusion entre deux projets MachinBox et Beelive, Beedbox se présente comme suit « Connectez Beedbox à la box de votre FAI ou votre routeur et au travers d'une interface web simple et intuitive (exemple) , décidez quels sont les services que vous désirez activer parmi le large choix disponible. ». Beedbox (prononcé Bidibox) est soutenu par l'association Konnectif dont l'objet est notamment « le développement et de déploiement de solutions informatiques sous licences libres, de partage de connaissances et de contenus libres ». La vocation première de beedbox n'est pas de rester « un truc de geek » mais bien de s'adresser au grand public. A la vue des objectifs, on comprend très rapidement pourquoi les grandes industries ne se sont pas emparées de ce projet au fort potentiel émancipateur.

Beedbox est développé en majorité avec le langage de programmation Python. Je suis allé à la rencontre de Billux, membre impliqué de la communauté, sur le salon de discussion. Ce dernier souligne le besoin vital de d'avantage de développeurs Python mais aussi javascript pour le bon avancement du projet. Actuellement, la communauté concentre ses efforts sur le développement de l'OS, basé sur debian, qui sera la base de la boite. Il espère voir une première version beta sortir pour l'été 2012. Bien sur, comme pour tout projet libre, c'est un peu aléatoire puisque l'avancement dépend essentiellement de la bonne volonté des bénévoles.

Sur le volet matériel, la communauté s'intéresse de très près à une petite machine appelée Raspberry Pi (http://www.raspberrypi.org/faqs) dont le projet à vocation humanitaire est soutenu par l'université de Cambridge. Le hardware serait sous licence libre, ce qui permettra à Beedbox de rendre son système d'exploitation compatible. Rien ne semble encore décidé chez beedbox mais la réflexion est bien entamée.


La Freedombox, un projet d'auto-hébergement qui ne dit pas son nom ?


La freedombox est présentée comme une boite que vous branchez sur votre prise de courant et qui, après avoir définit votre nom et mot de passe, rend votre trafic anonyme et sécurisé. Non, ce n'est pas de la magie, il s'agit bien d'auto-hébergement même si le terme n'est pas forcément employé puisque la boite proposera notamment de créer sa propre boite courriel, son réseau social, l'hébergement de ses photos...etc Bien que le projet soit très semblable à beedbox en apparence, la freedombox se différencie d'un point de vu technique puisque le langage de programmation dominant employé est le CGI. La freedombox a gagné le concours ashoka pour l'innovation dans la catégorie du média citoyen le 21 novembre 2011. Initié par Eben Moglen, le juriste à l'origine de la fameuse et très utilisée General Public Licence, le projet profite d'un cachet particulier et désormais d'une dotation de base. Je vous laisse visionner sa présentation.


Les limites de l'auto-hébergement ?

Bien sur, l'auto-hébergement a aussi ses écueils. Par exemple, faire tourner une machine en permanence à un coût énergétique certain, autant sur le portefeuille que sur la planète. Si le recyclage de pc peut paraître avantageux à prime abord, il est dans certain cas préférable d'acquérir une petite machine à basse consommation que vous trouverez pour moins de 300€. Également, un serveur ça peut tomber en rade parfois. Et quand on en a un seul, vos services deviennent indisponible. Pour pallier à ce problème, les auto-hébergeurs se mettent en réseaux et proposent de se relayer mutuellement en cas de panne. Bon, ce n'est plus de l'auto-hébergement pour le coup, mais ça reste une solution temporaire et si c'est une personne en qui vous avez confiance, ça devrait aller au niveau des données personnelles. Troisième écueil, qui rejoint un peu le second, en cas de catastrophe, c'est à dire de destruction de votre machine, il faut penser soit même à faire des copies régulières de vos données. Et peut être éviter que ces copies se trouvent dans la même maison en cas d'incendie ou autre...


Et si je suis un peu geek et que je veux m'auto-héberger, je fais comment ?

Bon, j'ai fais un petit repérage pour vous. Il y a des ressources sympathique. Le portail de l'auto-hébergement francophone est assez complet. Il comprend un wiki de l'auto-hébergement, en Français, vraiment intéressant. Vous trouverez ce qu'il faut pour commencer à vous y mettre. Le second lien est un planet qui regroupe des blogueurs qui traitent du sujet. Vous trouverez sans doute des trucs et astuces intéressants. La liste de discussion et le forum vous permettront d'entrer en contact avec la communauté et de poser des questions ou aider les nouveaux ! Un salon de discussion est aussi disponible pour un contact plus direct.

Sur ce, je vous invite à surveiller avec la plus grande attention le projet Beedbox et Freedombox, ainsi qu'à y contribuer dans la mesure de vos moyens. Car malgré leur popularité modeste, si les objectifs sont atteins, il est fort parier que la révolution entraînée par l'adoption massive des petites boites sera à la mesure de celle du web 2.0.

Portail de l'auto-hébergement
Beedbox
Freedombox
Je remercie Billux pour avoir répondu aux questions ainsi que @roms78 pour ses conseils avisés Antonin MOULART


Mercredi 4 Janvier 2012






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