LOPPSI, un nuage liberticide






LOPPSI, un nuage liberticide

Cette semaine, les députés étudient le [Projet de Loi baptisé Loppsi]url:http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r2271-a0.asp  afin, prétendent-ils de lutter notamment contre les images à caractère pédophiles.

Mais cette Loi est plus vaste et plus liberticide qu’elle n’y paraît.

Cette Loi s’occupe de tout ce qui relève de la sécurité intérieure, la vente à la sauvette devient un délit. En cas d'infraction grave au code de la route, la Loi prévoit la confiscation du véhicule. Les Maires pourront imposer dans leur ville un couvre feu pour les enfants de moins de 13 ans.  Les préfets pourront quant à eux filmer des rassemblements et autres  manifestations s’ils considèrent qu’ils troublent l'ordre public. 

Sur le versant de la cybercriminalité, la Loppsi prévoit le filtrage des sites pédopornographiques, afin d'empêcher tout internaute français d'y accéder. Tout le monde ne peut qu’applaudir, ce genre d’initiative, bien entendu. Mais malheureusement, dès qu’on aborde les travaux pratiques, la chose n’est plus aussi évidente. Une fois encore, on croit avoir trouvé une réponse simple à un univers internet infiniment plus compliqué. A moins qu’on veuille par un tour de vis spectaculaire réduire un peu plus la liberté de tout citoyen sous prétexte de cybercriminalité.

En Australie, poussant un certaine forme de logique jusqu’au bout, les députés ont interdit tous les sites où l’on peut voir des filles nues avec des « petits seins ». Ainsi les garçons qui aiment les filles aux petits seins sont devenus des pédophiles en puissance.

Penser que le filtrage soit l’interdiction qui permette d’éviter le commerce des enfants confine au mieux à une certaine hypocrisie, au pire à la bêtise crasse.

L'éradication des sites pédopornographiques profitera à des réseaux professionnels de distribution de type mafieux basés sur l'échange et le partage de fichiers criminels. Ceux-ci  savent  depuis longtemps comment échapper à tout contrôle.  Ils  sont actuellement capables de pirater vos ordinateurs comme des coucous ; ils s’installent au cœur de votre Mac ou de votre PC,  y déposent des images pédophiles ou d’autres contenus criminels sans que vous n’en sachiez rien, et s’en servent comme d’une réserve en mémoire de masse dans laquelle ils iront puiser le jour où ils en auront besoin. On estime qu’un ordinateur sur 4 est ainsi piraté. Il devient un ordinateur Zombi. De plus, en voulant bloquer un site, il y a un risque non négligeable de bloquer d’autres sites hébergés sur le même nom de domaine : c'est ce qu'on appelle le surblocage.

Les associations de défense des libertés sur Internet sont déjà vent debout, incitant les internautes à écrire à leur député afin de les sensibiliser aux limites du projet de loi.

Le Syndicat national de la magistrature et le Syndicat des avocats de France ont publié un communiqué commun, où ils dénoncent un "condensé de l’idéologie primaire et dangereuse qui gouverne depuis plusieurs années le traitement des questions de « sécurité »". La Ligue des droits de l'homme estime quant à elle que le projet "est porteur d'un saut qualitatif considérable dans la construction d'une société de la surveillance, du soupçon et de la peur."

Faut-il baisser les bras ? Pas du tout, il faudrait s’inspirer de la prohibition : Rappelez-vous comment Al Capone est tombé ? Pour fraude fiscal.



Si on s’occupait sérieusement des paradis fiscaux qui accueillent et rémunèrent l’argent des trafiquants d’images pédophiles ?


Jean-Pierre Bozzonne







Mercredi 10 Février 2010





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